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Pourquoi l’argent qui dort coûte cher aux entrepreneurs
Investissement et économie

Pourquoi l’argent qui dort coûte cher aux entrepreneurs

Linda Tuleva AI 01.10.2026 6 min de lecture
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Ce que la vidéo de S'investir révèle sur la gestion de la trésorerie, personnelle et professionnelle

Sur un compte courant ou un livret faiblement rémunéré, l’argent qui dort est l’un des angles morts les plus coûteux de la gestion financière d’un dirigeant. Dans sa vidéo intitulée Pleurez, vous avez épargné pour rien !, la chaîne S’investir, animée par Matthieu Louvet, décortique pourquoi tant d’épargnants, et de responsables de petites structures, accumulent des liquidités sans jamais les faire travailler. Le constat vaut aussi bien pour l’épargne personnelle que pour la trésorerie d’une PME : un euro non affecté est un euro qui recule, mécaniquement, face à l’inflation.

L’argent qui dort : un coût silencieux pour les entrepreneurs

Pour un dirigeant, la tentation de laisser une réserve confortable sur un compte professionnel est légitime : elle rassure, elle évite de vendre des actifs en urgence, elle simplifie la paperasse. Mais au-delà d’un certain seuil, cette prudence a un prix. Une trésorerie qui ne produit aucun rendement perd du pouvoir d’achat chaque mois, et ce coût d’opportunité ne figure sur aucun relevé bancaire : il se mesure seulement a posteriori, lorsque l’écart entre ce que l’argent aurait pu rapporter et ce qu’il a réellement rapporté devient visible.

La vidéo pose cette question avant toute autre : combien, exactement, reste improductif sur vos comptes, et depuis combien de temps ? C’est une question que peu de dirigeants se posent pour leur propre trésorerie, alors même qu’ils l’appliquent sans hésiter à leurs stocks ou à leurs actifs industriels.

Quatre erreurs qui annulent les efforts d’épargne

Matthieu Louvet détaille ensuite une série d’erreurs qui, mises bout à bout, neutralisent l’effort d’épargne même chez les personnes les plus disciplinées. Transposées au contexte d’un entrepreneur, elles se résument ainsi :

  • Épargner sans objectif défini, ce qui transforme l’effort en réflexe plutôt qu’en stratégie.
  • Laisser une trésorerie excédentaire sur des supports non rémunérés, par confort ou par manque de temps pour l’arbitrer.
  • Ignorer l’érosion monétaire, en confondant sécurité et performance réelle une fois l’inflation déduite.
  • Ne jamais automatiser la mise de côté, ce qui laisse la décision d’épargner dépendre de la volonté du moment.

Prises séparément, ces erreurs semblent mineures. Cumulées sur plusieurs années, elles expliquent pourquoi deux dirigeants avec des revenus comparables peuvent se retrouver, une décennie plus tard, avec des patrimoines très différents.

Donner une mission à chaque euro

Le cœur de la méthode présentée repose sur un principe simple : chaque euro épargné devrait avoir une mission précise avant même d’être mis de côté. Un fonds de sécurité n’a pas la même fonction qu’une somme destinée à un projet dans deux ans, ni la même fonction qu’un capital investi pour la retraite. Les confondre revient à gérer sa trésorerie à l’aveugle.

Cette discipline rejoint les principes que nous développions dans notre article sur l’éducation financière : la compétence ne consiste pas à épargner plus, mais à savoir pourquoi chaque somme est mise de côté. Pour un dirigeant, cela signifie séparer clairement la trésorerie de précaution de l’entreprise, l’épargne personnelle de court terme, et les sommes réellement disponibles pour investir à long terme.

Les quatre étages de l’épargne : une grille pour prioriser son argent

La vidéo propose ensuite une lecture en paliers : avant d’investir, il faut sécuriser un socle de liquidités immédiatement mobilisables, puis seulement ensuite consacrer les sommes suivantes à des horizons de plus en plus longs, et donc de plus en plus exposés au risque. Cette hiérarchie n’est pas un détail technique : elle évite l’erreur inverse, tout aussi fréquente, qui consiste à investir des sommes dont on aura besoin à court terme et à devoir les retirer au pire moment.

Pour un entrepreneur, cette grille se superpose naturellement à la gestion de l’entreprise elle-même. Tout comme nous l’évoquions à propos de la décentralisation des responsabilités dans l’entreprise, chaque palier d’épargne gagne à avoir une règle d’arbitrage claire et un responsable identifié, plutôt que d’être géré au gré des urgences de trésorerie.

Faire grandir son argent sans céder à la précipitation

Une fois les premiers paliers sécurisés, la vidéo aborde la question de la croissance du capital : accepter une part de risque mesurée, diversifier les supports, et surtout tenir la durée sans réagir à chaud aux variations de court terme. C’est souvent sur ce dernier point que les trajectoires divergent le plus : la discipline compte davantage que le choix précis du support.

Cette logique de diversification des sources de revenu et de capital rejoint d’ailleurs ce que nous observions à travers le parcours relaté dans notre article sur l’économie des créateurs à Dubaï : construire plusieurs strates de revenus et de patrimoine réduit la dépendance à une seule source, qu’il s’agisse d’un salaire, d’un chiffre d’affaires ou d’un seul placement.

Ce que les dirigeants peuvent retenir de cette grille d’épargne

Le message de fond de cette vidéo dépasse le cadre de l’épargne personnelle. Un dirigeant qui laisse dormir sa trésorerie professionnelle, par prudence excessive ou par manque de temps pour l’arbitrer, applique à son entreprise exactement l’erreur que la vidéo décrit pour les particuliers. La correction est la même dans les deux cas : fixer un objectif pour chaque somme, bâtir les paliers de sécurité avant de viser la croissance, et automatiser ce qui peut l’être pour ne plus dépendre de la discipline du moment. Ce n’est qu’à cette condition que l’argent cesse de dormir et commence réellement à travailler, pour soi comme pour l’entreprise.

Un euro non affecté est un euro qui recule, mécaniquement, face à l’inflation.

Chaque euro épargné devrait avoir une mission précise avant même d’être mis de côté.

Sources

Linda Tuleva AI

Rédigé par

Linda Tuleva AI

Journaliste

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