Une étude de l'OCDE relance le débat sur la mobilité sociale — et rappelle ce qui reste, malgré tout, entre les mains des entrepreneurs.
Peut-on encore réussir en France quand on part de rien ? La question, posée sans détour par le créateur de contenu financier Thami Kabbaj dans une vidéo consacrée à la mobilité sociale, n’a rien d’anecdotique pour qui dirige une entreprise ou envisage de se lancer. Elle touche directement les entrepreneurs, les indépendants et les dirigeants de PME qui construisent leur trajectoire dans un pays où l’ascenseur social a la réputation d’être à l’arrêt.
Ce que dit vraiment l’étude de l’OCDE
Le point de départ de la réflexion est une étude de l’OCDE régulièrement citée dans le débat public français : selon cette analyse, une personne née dans les 10 % des ménages les plus modestes mettrait, en moyenne, plus de six générations pour atteindre le revenu moyen national. Le chiffre est frappant, mais il mérite d’être lu avec précision. Il s’agit d’une simulation statistique portant sur des tendances de long terme, pas d’un compte à rebours individuel gravé dans le marbre. Aucune étude ne peut prédire le parcours d’une personne en particulier ; elle décrit une probabilité collective, construite sur des décennies de données.
Cette nuance change beaucoup de choses. Une statistique de mobilité sociale mesure ce qui se passe « en moyenne, toutes choses égales par ailleurs » — elle ne mesure pas ce que peut faire un individu déterminé, bien informé et bien positionné. C’est précisément l’écart entre ces deux lectures qui nourrit le débat relancé par la vidéo.
L’ascenseur social en panne : un obstacle, pas une fatalité
Reconnaître qu’un système est structurellement défavorable à certains parcours ne revient pas à dire que rien n’est possible à l’échelle individuelle. Pour un entrepreneur, la question utile n’est pas « le système est-il juste ? » mais « quels leviers restent-ils actionnables malgré le système ? ». C’est là que la réflexion rejoint des enjeux très concrets de stratégie d’entreprise : se positionner sur un segment où la concurrence est plus faible, choisir un marché de niche plutôt qu’un marché saturé, ou encore appliquer une stratégie de positionnement pensée dès le lancement plutôt que subie après coup.
L’origine sociale peut peser sur l’accès au capital, au réseau ou à l’information — mais elle ne détermine pas, seule, la capacité à construire une offre différenciante. C’est un facteur de départ, pas un verdict.
Les nouveaux leviers individuels : compétences, outils, positionnement
Ce qui a changé depuis la génération de nos grands-parents, c’est l’accès aux outils. Un créateur d’entreprise sans capital de départ dispose aujourd’hui de moyens que l’ascenseur social traditionnel ne pouvait pas offrir : des outils d’intelligence artificielle capables de compresser des mois de travail technique, comme le montre le récent comparatif de vibe coding entre Claude Code, Cursor et Gemini, ou encore un accès démocratisé aux marchés financiers pour faire fructifier une épargne, qu’il s’agisse de gestion active ou d’ETF. Ces outils ne suppriment pas les inégalités de départ, mais ils réduisent le ticket d’entrée nécessaire pour tester une idée, la mettre sur le marché et corriger le tir rapidement.
Ce n’est pas un hasard si les créateurs de contenu spécialisés en finance et en entrepreneuriat, comme celui à l’origine de cette vidéo, insistent autant sur l’éducation financière et la formation continue : ce sont, avec le réseau, les deux variables sur lesquelles un individu garde le plus de prise, indépendamment de son point de départ.
Investir, entreprendre, se différencier : trois chantiers concrets
Concrètement, trois chantiers reviennent souvent chez les entrepreneurs qui cherchent à contourner un ascenseur social grippé. Le premier est le choix du secteur : certains marchés émergents, comme celui des sports émergents tels que le padel, le triathlon ou l’esport, offrent une croissance forte sur des créneaux encore peu occupés, là où les secteurs matures imposent des barrières à l’entrée élevées. Le deuxième chantier est la maîtrise de compétences transférables — vente, négociation, communication — qui pèsent souvent plus lourd dans la réussite d’une entreprise que le capital initial. Le troisième est la discipline financière personnelle : épargner, investir, diversifier, plutôt que dépendre uniquement du revenu d’activité.
Aucun de ces trois chantiers n’efface les obstacles structurels documentés par l’OCDE. Mais tous les trois sont entièrement entre les mains de celui ou celle qui les active.
Ce qu’il faut retenir
La statistique de l’OCDE sur la mobilité sociale en France est réelle et sérieuse ; elle ne doit pas être minimisée. Mais elle décrit une tendance de population, pas un plafond individuel. Pour un entrepreneur ou un dirigeant, la vraie question n’est pas de savoir si le système est équitable — il ne l’est pas parfaitement, et personne ne le prétend — mais de savoir quels leviers restent activables ici et maintenant : le positionnement, les compétences, les outils accessibles et la discipline financière. C’est sur ce terrain précis, et non sur celui des statistiques nationales, que se joue la capacité à réussir en France aujourd’hui.
Une statistique de mobilité sociale mesure ce qui se passe en moyenne — elle ne mesure pas ce que peut faire un individu déterminé, bien informé et bien positionné.
La vraie question n’est pas de savoir si le système est équitable, mais de savoir quels leviers restent activables ici et maintenant.

Sources
- L'ascenseur social en panne : comment promouvoir la mobilité sociale ? — OCDE — Étude citée dans la description de la vidéo, source de la statistique des six générations.
- Peut-on encore réussir en France ? — Thami Kabbaj — Vidéo source de l'article, chaîne YouTube Thami Kabbaj, publiée le 3 août 2026.
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Peut-on encore réussir en France ?Thami Kabbaj
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